S.N.S.N Port-Désiré Saint-Nazaire

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Naufrage du Prince de Conty

Le naufrage à Belle-Île, du « Prince de Conty » (*)

 

 

Le Prince de Conty est un navire de la Compagnie des Indes, de 600 tonneaux. Il a été construit à Lorient en 1743.

 

Ce navire est armé à Lorient pour rallier la Chine, le 2 avril 1745. Il est sous les ordres du Capitaine Charles-François Bréard de Boisanger qui est assisté de 229 hommes d'équipage . Pour son périple, il sera accompagné de «L'Aimable» et du «Le Philibert». Rien à voir avec celui dont on a conté les mésaventures le mois dernier.

 

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Après un voyage de 20 mois pour rallier la Chine, il charge des soieries, de la porcelaine et du thé et fait son retour vers Lorient accompagné de l'Aimable. Il passe par les îles Fernando et Noronha au Brésil. L'équipage est constitué pour le retour de 194 hommes, équipage et soldats, Dans ces îles, il subit l'attaque de deux bateaux corsaires anglais, le Sandricq et le Duc de Bedford. Dans ce combat, il y eut un tué, le mousse Julien Belze de Saint Gildas d'Auray.

 

En approchant des côtes bretonnes, il ne reste plus que 186 hommes à bord, 7 marins ou soldats sont morts pendant la traversée. A son retour, le navire n'est plus qu'à quelques jours de mer de Lorient, lorsqu'il est pris dans une tempête d'ouest au large de Belle-Île. Cherchant à s'abriter, le navire avance dans une épaisse brume. A trois heures du matin, il vient se fracasser sur la côte de Port Loscat à Locmaria. Seulement 45 hommes d'équipage et 3 officiers réussiront à gagner la petite plage.

 

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Port Loscat près de Locmaria où s'est achevé la route du Prince de Conty

 

La précieuse cargaison reste au fond de l'eau mais à une profondeur assez faible : 10 m. Pour éviter le pillage de l'épave, un gardien reste à Belle-Île, le dénommé Mathurin Guillevoust. Il était troisième canonnier sur le Prince de Conty et homme de confiance. C'est ainsi qu'il surveilla l'épave de la date du naufrage jusqu'au 20 juin 1747. Au cours de l'année 1747, la Compagnie des Indes organisa une opération de récupération avec l'aide d'une cloche à plongeur. Des canons de 12, de 8 et de 4, fabriqués en Hollande, des gueuses et de nombreux accessoires (poulies, câbles, cordages,...) du navire furent récupérés mais le sauvetage de la cargaison, dispersé par la mer, dû être abandonné.

 

Lors de cette opération de récupération, des ouvriers furent envoyés de Lorient à Belle-Île par la Compagnie. Ils étaient protégés par des soldats. Après, l'épave est abandonnée et oubliée. Ce n'est qu'en 1976, à l'issue de recherches aux archives départementales que Patrick Lizé localise l'épave. Une campagne de fouilles a lieu mais s'achève devant le tribunal correctionnel car le site a fait l'objet de pillage par ceux qui devaient l'étudier.

 

 

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Pour la récupération des marchandises de l'épave, les ouvriers ont taillé des marches dans la falaise pour accéder à la plage

 

En 1985, à la fin de cet épisode judiciaire, une nouvelle étude archéologique est programmée par le Ministère de la Culture et organisée par les archéologues du DRASSM sous la direction de Michel L'Hour. L'épave a beaucoup souffert du pillage indélicat de plongeurs clandestins mais elle permit, toutefois, de mettre à jour une grande quantité de porcelaines de Chine de type bleu et blanc d'époque Qianlong ( 1736-1795). De la cargaison de thé, il ne sera découvert que des fragments de caisse et une masse brunâtre. Par contre, le site a livré des morceaux de bois rouge identifié par l'analyse paléobotanique comme du «ptecocarpus santalignus », bois servant en teinture. La fouille a permis aussi la mise à jour de petits lingots d'or chinois qui pèsent entre 368,7 et 375,2 grammes, portant des inscriptions chinoises.

 

Pour les rêveurs, l'épave n'est plus visible même aux grandes marées. Même en plongée, on ne voit rien car les galets et le sable ont tout recouvert. Balayé par la houle, le site du naufrage est assez dangereux et la visibilité y est plus que limitée.

 

Certains objets récupérés sont visibles au Musée de la Compagnie des Indes à Lorient.

 

 

(*) Article rédigé par Pascal Serviget



10/01/2017
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