S.N.S.N Port-Désiré Saint-Nazaire

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NAUFRAGE DE LA MARNE

Le naufrage du vapeur «La Marne» près de l'île de Noirmoutier (*)

Cet épisode se passe le 28 juin 1917 et concerne le vapeur « La Marne » de la compagnie d'Orbigny et Faustin. C'est un cargo de 114,30 m de long qui bat pavillon français et, guerre oblige, est armé de deux canons de 90 mm. Il vient d'Angleterre et convoie 6379 tonnes de charbon vers Bordeaux. Fraîchement sorti des chantiers navals de Sunderland. Il effectue là, sa première traversée.

 

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"La Marne" Les anglais ont construit en grand nombre ces vapeurs pour résister aux torpillages allemands

 


Il est commandé par le Lieutenant de vaisseau auxiliaire Jérôme Chateauvieux. L'équipage est français à part le responsable de la TSF qui est anglais et un passager arabe d'Aden gagnant son passage en travaillant.

C'est un convoi de sept navires qui se dirige vers Bordeaux. Ils sont protégés par deux escorteurs, «Sauterelle» et «Caroline 5» par crainte des sous-marins allemands.

La traversée s'est passée sans problème jusqu'au 28 juin.

A 22h45, «La Marne» en tête du convoi passe la bouée de la Chaussée des Boeufs et soudain une explosion terrible ébranle le navire. Une torpille lancée par le sous-marin allemand UC 71 commandé par Rheinold Saltzwedel, est entrée dans la chaufferie. Mais la machine n'est pas arrêtée et le navire continue à avancer malgré une forte gîte. L'équipage tente de mettre à l'eau les embarcations de sauvetage mais celle de tribord a presque atteint l'eau quand son garant (câble qui la retient à son bossoir) s'engage dans les tôles déchiquetées par l'explosion, la faisant chavirer. Celle de bâbord voit un seul de ses garants largué et reste pendue à la verticale, précipitant tous ses hommes à la mer.

Le bosco tente de mettre le youyou à la mer pour leur porter secours, mais les tôles du navire ayant été refoulées vers l'explosion de la torpille, empêchent de le mettre à l'eau. Le bosco descend alors en s'accrochant aux palans pour le déborder. C'est à ce moment que l'embarcation bâbord, restée pendue à son bossoir, se décroche du garant et vient percuter le youyou, en raison de la vitesse du navire qui continue à avancer. Le youyou est défoncé et coulé.

Le bosco et un matelot réussissent à monter dans l'embarcation qui n'est plus traînée que par sa bosse. Le reste de l'équipage commence à descendre par les palans lorsque la bosse casse à son tour. Le commandant et d'autres marins sont encore à bord du vapeur qui s'éloigne. Aussitôt les marins sous la direction du bosco sortent les avirons et tentent de rattraper le vapeur mais sans succès. Ils le voient s'enfoncer par l'avant et disparaître. Le navire a d'abord coulé droit puis s'est couché sur bâbord et a finalement coulé verticalement par l'avant. L'arrière est complètement sorti de l'eau et est resté un bon moment dans cette position, l'avant touchant probablement le fond qui n'est qu'à 15 ou 20 m à cet endroit.

C'est alors qu'arrive «La Sauterelle» qui recueille les quelques naufragés puis met le cap sur le point où «La Marne» a disparu. Chance inouïe, il entend des appels et parvient à repêcher le Commandant Chateauvieux et un matelot accrochés à des espars. Il continuera à patrouiller jusqu'à minuit quinze mais ne trouvera plus de survivants.

Des héros ordinaires
Le Commandant Chateauvieux a fait une ronde dans toutes les parties accessibles du navire avant le naufrage et a trouvé, dans le poste arrière, le chauffeur arabe, tétanisé par la peur. Il lui a donné sa ceinture de sauvetage et l'a mis à l'eau sur un panneau de cale. Puis il s'est mis lui-même à l'eau quand elle a atteint le pont.

Un chanceux ou ….
Joseph Baron, né le 3 novembre 1869 à Mesquer, avait embarqué sur «La Marne» en qualité de Lieutenant, le 7 juin 1917. Survivant du naufrage du 28 juin, il embarque, dès le 2 juillet, soit quatre jours plus tard, sur «Le Député-Pierre-Goujon» qui sera lui-même torpillé le 12 novembre 1917. Survivant ! Rude marin ….. ou porteur de poisse ?

 

(*) Article rédigé par Pascal Serviget



20/02/2017
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